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La misère des habitants du Cap-Sizun, au XIXème siècle a entraîné l'émigration de familles de marins et paysans vers un ailleurs plein de promesses

  • La politique coloniale de la France en Algérie

La prise d'Alger, en juillet 1830, marque la conquête militaire de l'Algérie par la France. Un premier soulèvement  éclate, contre la présence française, en 1834, sous la conduite d'Abd-El-Kader. Il fut suivi d'une seconde rébellion, en 1847. La tentative de "pacification" se poursuivit jusqu'en 1857. L'Algérie fut divisée en trois départements : Alger, Oran et Constantine et faisait partie intégrante de la France.

Les conséquences de l'indexation de l'Algérie à la France furent nombreuses et, en particulier, la colonisation agricole. Les tribus furent dépossédées de leurs terres cultivées et repoussées vers les zones stériles, souvent montagneuses. 500 000 hectares de terres furent expropriées suite à la révolte des Kabyles, en 1871. Elles furents confiées aux colons. Les colons achetèrent également des terres aux autochtones et défrichèrent des terres incultes. Dès 1873, ils y furent encouragés par la loi Wamier. Après 1900, cette pratique s'étendra.

En 1914, l'on pouvait compter 700 villages, créés par la colonisation officielle. Pour leur réalisation, l'Etat assura la prise en charge des infrastructures telles que la voirie, la construction des maisons, etc... Les immigrants de nationalité française reçurent, afin qu'ils la mette en valeur :

            - entre 1891 et 1900  : 120 000 ha de terre ;

            - entre 1901 et 1914 : 200 000 ha de terre.

L'Algérie fut donc une colonie de peuplement. Le nombre d'immigrants d'origine européenne ne cessa d'augmenter :

            - en 1840 : 25 OOO individus ;

          - en 1872 : 245 OOO individus ;

            - en 1914 : 750 000 individus. 

La lecture des courriers échangés au 19ème siècle entre les préfets et les administrateurs maritimes nous apporte quelques précisions  concernant l'émigration des bretons, leur profession, la composition de leur famille et leur lieu d'émigration.

Aux Archives Départementales du Finistère à QUIMPER, les fonds de la série "M" conservent quelques documents sur les finistériens qui, au XIXème siècle ont émigré en ALGÉRIE. Les registres des "passeports pour l’intérieur" n’ont malheureusement pas été déposés aux Archives départementales mais conservés par les communes qui les tenaient.

Quelques "demandes de passages gratuits pour l’ALGÉRIE", concernant les années 1849 - 1850 sont disponibles à la consultation, sous la cote 6M879, mentionnant des "demandes de passages gratuits pour l'Algérie". Il n'est pas fait mention de la réponse qui fut apportées à ces demandes.

Emigration des marins-pêcheurs, cultivateurs et ouvriers vers l'Algérie au 19ème siècle
Date Identité et origine Composition de la famille Profession exercée lors du départ Destination
12 janvier 1849 CARDALIAGUET, de PONT L'ABBÉ, (prénoms et âges omis)   menuisier l'ARBA, province d'ALGER
14 février 1849 LE HÉTET René, de QUIMPERLÉ, (âge omis)   maçon destination en ALGÉRIE non indiquée
LE CORRE Michel, de PLOMEUR, (âge omis) voyage avec sa famille  journalier aide cultivateur
15 février 1849 DIQUÉLOU Yves Corentin, de PENMARCH, (âge et profession omis) voyage avec sa famille   destination en ALGÉRIE non indiquée
26 février 1849 CAMPION Jean Marie, né le 14 floréal An X à QUIMPERLÉ, veuf sans enfant   ouvrier tanneur, il part pour exercer le métier de terrassier destination en ALGÉRIE non indiquée
13 mars 1849 Madame BOUTIER Perrine Joséphine, de QUIMPER, (âge omis) Part pour rejoindre sa soeur et son beau frère   destination en ALGÉRIE non indiquée
14 avril 1849 AUTRET Guillaume, de GOULIEN (âge omis) Part avec sa famille cultivateur destination en ALGÉRIE non indiquée
04 juin 1849 DIVERRES Jean, de LANDERNEAU, âgé de 20 ans (° ca 1829) qui voyage avec sa mère garçon laboureur destination en ALGÉRIE non indiquée
HAMON Jean, de LANDERNEAU, âgé de 37 ans (° ca 1812) qui voyage avec sa femme et ses six enfants profession non indiquée
GOURVES Yves, de LANDERNEAU, âgé de 50 ans (° ca 1799) qui voyage avec sa femme et ses trois enfants (deux garçons et une fille) cultivateur
LE MOAL (prénom et âge omis), de LANDERNEAU   garçon laboureur
28 août 1849 LE BIHAN Louis Marie, de LAMBÉZÉLEC (âge omis) qui voyage avec sa famille ferblantier destination en ALGÉRIE non indiquée
10 octobre 1849 CHICONNEAU épouse CLÉRO, de QUIMPERLÉ, âgée de 31 ans (° ca 1818) qui voyage avec ses quatre enfants   destination en ALGÉRIE non indiquée
LEHETEL René, de QUIMPERLÉ, âgé de 23 ans (° ca 1826)   serrurier
19 février 1850 LE ROUX Guillaume Julien, de QUIMPERLÉ, âgé de 44 ans (° ca 1806) Part avec sa famille composée de dix personnes ferblantier destination en ALGÉRIE non indiquée

Pour l'année 1854, sous la même cote 6M879, figure une lettre retranscrite du Maire de Concarneau, au Préfet du Finistère, dont voici la teneur :

"CONCARNEAU, ce 27 juillet 1854.

Monsieur le Préfet,

J'ai l'honneur de répondre aux renseignements que vous désirez avoir sur le S(ieur) DELMAS. Il y a plus de deux ans qu'il est de retour de l'ALGÉRIE où il parait qu'il s'est bien comporté d'après son livret. Il appartient à une honnête famille d'artisan d'ici; son père en mourant lui a laissé 2.000 francs qu'il a mangé par sa conduite d'ivrogne, il fait la désolation de sa mère et de sa femme, heureusement qu'il n'a pas d'enfant.

Vous rendriez, Monsieur le Préfet, un grand service à ces deux femmes et à notre commune si vous pouviez l'expatrier, c'est un excellent ouvrier (NB : souligné par moi !)."

Les archives des années 1891 - 1892  à la cote 4M380   mentionnent la délivrance de "passages gratuits" pour PHILIPPEVILLE et COLLO à 30 marins pêcheurs dépendant de l'Inscription Maritime de CONCARNEAU. Ils sont accompagnés de leur famille : 12 épouses, 36 enfants et 9 parents , soit un total de 87 personnes.

Le Vice Amiral ZÉDÉ, Préfet Maritime à BREST, adressait au Préfet du Finistère à QUIMPER la lettre suivante, le 15 novembre 1891 :

"Monsieur le Préfet,

Je suis informé qu'un certain nombre de pêcheurs du Quartier de Douarnenez, sollicités à se rendre en Algérie pour y exercer leur industrie, ont résolu de partir avec leur famille pour Philippeville, où des offres avantageuses leur ont été faites par un industriel de la localité.

J'ai l'honneur de vous faire connaître que je viens d'autoriser M. le Commissaire de l'Inscription Maritime à Douarnenez à entrer directement en rapport avec l'autorité Départementale, à l'occasion des demandes de transport gratuit qui seront formulées par les intéressés en vue de se rendre en Algérie.

J'estime qu'en raison de la misère qui règne au milieu de la population de cette partie du littoral, où les ressources de la pêche font défaut depuis plusieurs années, il y a tout intérêt à favoriser ce mouvement d'émigration et je viens recommander à votre bienveillant examen les demandes de transport gratuit qui vous seront adressées par l'intermédiaire de M. le Commissaire de Douarnenez.

Agréez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma haute considération.-".

Le Sous Commissaire MESTREL, Commissaire de l'Inscription Maritime à DOUARNENEZ, quatre jours plus tard,prenait contact avec la préfecture du Finistère :

"Monsieur le Préfet,

Depuis un certain temps, la question "pêches sur les côtes de l'Algérie" est à l'ordre du jour. Ces côtes pourraient fournir en abondance du poisson de toute espèce mais le nombre des pêcheurs qui les fréquentent est assez réduit et encore sont-ils étrangers.

D'autre part, les côtes de France travaillées à l'excès se dépeuplent de plus en plus et son loin, maintenant, de produire en quantité suffisante pour permettre à nos marins de vivre modestement et d'élever leurs familles.

En présence de cet état de choses, les autorités civiles et maritimes de l'Algérie ont songé à appeler là-bas le plus grand nombre possible de nos pêcheurs Bretons qui trouveraient à y exercer leur industrie dans d'excellentes conditions, qui coloniseraient, permettraient par leur présence d'éliminer totalement l'élément étranger (Italiens, Napolitains - sic - et autres) et contribueraient à faire de l'Algérie une terre tout à fait française.

Mais, pour se rendre en un point si éloigné, nos pêcheurs ont besoin qu'on leur vienne en aide; il est indispensable qu'ils obtiennent le passage gratuit et c'est sur ce point que je désire appeler votre bienveillante attention.

Permettez-moi, Monsieur le Préfet, de placer sous vos yeux la note que m'écrivait mon collègue de Philippeville sous la date du 5 octobre dernier, note qui indique le moyen employé l'année dernière pour la concession du transport gratuit aux marins pêcheurs de Lannion et à leurs familles :

... Dans le cas où certains de vos pêcheurs désireraient venir ici, il serait très facile d'obtenir pour eux et leur famille le passage gratuit de Douarnenez à Philippeville. Voilà quelle serait la marche à suivre : le pêcheur irait trouver le S(ous) Préfet, avec lequel il serait bon que vous soyez entendu au préalable, et lui demanderait un passage gratuit, à titre d'indigent, pour Philippeville où le Commissaire de l'Inscription Maritime lui aurait procuré un embarquement avantageux pour la saison de pêche. Notre S(ous) Préfet demanderait par télégramme le passage au Ministère de l'Intérieur . Cette demande serait transmise, toujours par télégramme, au Gouvernement Général de l'Algérie, au Préfet de Constantine et au S(ous) Préfet de Philippeville avec lequel je suis naturellement d'accord. Et le passage serait accordé sans aucune difficulté. C'est l'affaire d'une douzaine de jours au plus et c'est ainsi que nous avons procédé, l'année dernière, notre collègue de Lannion et moi, pour plusieurs pêcheurs qui sont ici. ...

J'ose espérer, Monsieur le Préfet, que vous aurez la bonté de vous intéresser aux pêcheurs de Douarnenez et de faire pour eux ce qui a été fait l'année dernière en pareil cas pour leurs camarades des Côtes-du-Nord.

Aussi je n'hésite pas à vous transmettre les deux demandes ci-jointes, l'une comprenant 19 personnes et l'autre 15, en vous priant d'y donner une suite favorable.

Les pétitionnaires sont à peu près sans ressources. Ils sont, eux et leurs familles, de très bonne conduite et recommandables.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, les remerciements que je vous transmets d'avance au nom de notre population maritime, ainsi que l'assurance de mon profond respect .-".

L'Administration Maritime adressa les 5 décembre 1891, 7 janvier 1892, 19 janvier 1892, 27 janvier 1892 et 8 avril 1892 les "notices individuelles" suivantes :

Nom et prénom

Date et lieu de naissance

Composition de la famille

Profession lors du départ Lieu de destination en ALGÉRIE
LE MAO Jacques 20 mai 1871 à Douarnenez

accompagné de ses deux soeurs, LE MAO Marie, âgée de 18 ans et LE MAO Françoise, âgée de 15 ans

marin-pêcheur Philippeville
LE MOAN Anaïse Thérèse 22 janvier 1873 à Ploaré

 

fille de friture Philippeville

JACQ Henry Louis Stanislas Marie

10 avril 1844 à DOUARNENEZ

accompagné de sa femme, née PORIEL Annette, âgée de 41 ans, de sa belle soeur PORIEL Marie Anne (âge omis), et de ses 7 enfants, Henri, âgé de 19 ans, Anna, âgée de 16 ans, Joseph, âgé de 14 ans, Marie, âgée de 13 ans, Alexis, âgé de 9 ans, Raphaël, âgé de 4 ans et Louis, âgé de 3 ans

navigue à la pêche

Philippeville

QUEINNEC Stanislas Gabriel Marie

15 décembre 1848 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme née QUEINNEC Marie, âgée de 32 ans et de ses 3 enfants, Stanislas, âgé de 12 ans, Marie, âgée de 7 ans et Anna, âgée de 5 ans

navigue à la pêche

Philippeville

PENDÉZEC Jean 

03 avril 1862 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme, née BERNARD Marie, âgée de 28 ans et de son enfant François, âgé de 9 mois

navigue à la pêche

Philippeville

BOSSENEC Emmanuel Julien Marie 

30 octobre 1857 (lieu de naissance omis) part seul

navigue à la pêche

Philippeville

BERNARD Hervé Vincent

11 septembre 1866 (lieu de naissance omis) accompagné de sa soeur BERNARD Julie, âgée de 23 ans

navigue à la pêche

Philippeville

PERNÈS Pierre Marie Théophile Jean René

13 novembre 1858 à DOUARNENEZ accompagné de sa tante, QUEINNEC Marie Anne, âgée de 56 ans

navigue à la pêche

Philippeville

FÉCHANT Guénolé René

30 janvier 1855 à DOUARNENEZ accompagné de ses 2 enfants, René, âgé de 4 ans et Sophie, âgée de 3 ans ainsi que de sa soeur, FÉCHANT Émilie, âgée de 29 ans

navigue à la pêche

Philippeville

BOURDON Jean Alain

21 juillet 1847 à POULDERGAT accompagné de sa femme née BORDENNEC Marianne (âge omis) et de ses 3 enfants Henriette, âgée de 18 ans, Corentin, âgé de 6 ans et Daniel, âgé de 3 ans matelot de 3ème classe COLLO près de

Philippeville

LE MENEZ Jean Marie

31 octobre 1857 à DOUARNENEZ il est marié mais il part seul matelot de 2ème classe COLLO près de

Philippeville

KERVAREC Théophile Armand Marie

14 juillet 1857 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme, née GUILLOU Louise, âgée de 34 ans et de son enfant Marie, âgée de 1 an matelot de 3ème classe COLLO près de

Philippeville

CASTEL Jean Pierre Marie

12 février 1846 à AUDIERNE accompagné de sa femme née KERROS (ou KERNOS ?) Nathalie, âgée de 40 ans et de ses 3 enfants Louis, âgé de 12 ans, Yves, âgé de 9 ans et Victorine, âgée de 6 ans matelot de 3ème classe COLLO près de

Philippeville

PENSEC Louis Marie

03 septembre 1864 à DOUARNENEZ
célibataire
matelot de 3ème classe COLLO près de

Philippeville

CARIOU Pierre Marie

5 juillet 1859 à DOUARNENEZ
célibataire
matelot de 3ème classe COLLO près de

Philippeville

QUEINNEC Athanase Joseph Marie

16 mai 1844 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme née STÉPHAN Hélène, âgée de 42 ans et de sa belle mère, veuve STÉPHAN Hervé, âgée de 75 ans matelot de 3ème classe COLLO près de

Philippeville

SAILLANT Jean François Isidore

10 janvier 1865 à DOUARNENEZ célibataire

 

matelot de 3ème classe COLLO près de

Philippeville

DEUFFIC Joseph Pierre Marie

22 février 1856 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme née HÉLIAS Marie, âgée de 30 ans, et de ses 3 enfants, Joseph, âgé de 6 ans, Isidore, âgé de 3 ans et Louis, âgé de 8 mois matelot de 2ème classe COLLO près de

Philippeville

TROCMÉ Yves Victor

09 octobre 1849 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme née TANNIOU Marie, âgée de 38 ans, et de ses 2 enfants, Marie, âgée de 11 ans et Anna, âgée de 3 ans matelot de 1ère classe COLLO près de

Philippeville

BERNARD Marie

épouse PENDÉZEC Jean

âgée de 29 ans, née à DOUARNENEZ épouse d'un marin pêcheur de DOUARNENEZ, rejoint son mari, déjà parti à PHILIPPEVILLE, accompagnée de son enfant François, âgé de 10 mois et de sa soeur BERNARD Julie (âge omis)   Philippeville

GUÉNADOU Jean Guénolé

20 juin 1854 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme née LE GOFF Eulalie, âgée de 38 ans et de ses 4 enfants Françoise, âgée de 7 ans, François, âgé de 5 ans, Louise, âgée de 4 ans et René, âgé de 2 mois matelot de 3ème classe Philippeville

LE FLOCH Daniel Marie Auguste 

26 novembre 1842 à DOUARNENEZ   matelot de 3ème classe Philippeville

DÉMEULE Charles Ernest

24 juin 1842 à LAMBÉZÉLLEC veuf matelot de 3ème classe Philippeville

LE LÉON Jacques Marie 

13 août 1844 à DOUARNENEZ veuf matelot de 3ème classe Philippeville

LE LÉON Daniel Jean Vincent

23 novembre 1846 à DOUARNENEZ marié mais part seul matelot de 3ème classe Philippeville

LE COZ Guillaume

08 février 1851 à POULLAN SUR MER célibataire matelot de 2ème classe Philippeville

SIZUN Hervé Guillaume

21 septembre 1838 à POULLAN SUR MER inscription au crayon "accompagné de sa femme" matelot de 3ème classe Philippeville

LE GALL Nicolas Alfred Marie

1er septembre 1840 à DOUARNENEZ marié mais part seul matelot de 3ème classe Philippeville

LE BERRE Louis Marie

1er juillet 1863 à DOUARNENEZ   matelot de 3ème classe Philippeville

SERGENT Henri

10 avril 1862 à POULLAN SUR MER célibataire matelot de 3ème classe Philippeville

CARNEC Daniel François Marie

26 juillet 1835 à DOUARNENEZ marié mais part seul

 

maître au cabotage Philippeville

TANNIOU Mathilde

36 ans, née à DOUARNENEZ rejoint sa soeur et son beau frère TROCMÉ Yves, partis à PHILIPPEVILLE en janvier 1892 ménagère Philippeville

LE MAO François 

06 janvier 1844 à DOUARNENEZ accompagné de sa femme née LABRESQUE Marie Anne, âgée de 42 ans et de ses 5 enfants Marie Anne, 19 ans, François, 14 ans, Mélanie, 13 ans, Yvon, 11 ans et Emmanuel, 8 ans marin-pêcheur Philippeville

 

 

 

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