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Gargouilles au Cap-Sizun

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Les gargouilles sculptées dans la pierre des édifices religieux du Cap-Sizun

Les gargouilles en terre cuite apparaissent dès l'époque romaine. Elles seront ensuite de bois puis de pierre. Elles voisinent avec d'autres figures monstrueuses et fantastiques, mi-humaines, mi-animales naissant d'enroulements de feuillages, souvenir des coutumes païennes de "l'homme vert", appelées grotesques ou de chimères à la fin du XVème siècle.

Les gargouilles, situées aux angles, sous la plate-forme, pour jouer le rôle de corbeaux, assurent une assise au beffroi et à la flèche, tout en contrastant avec la verticalité de l'élévation.

Soutenues par des pieds-droits et placées à l'aplomb du contrefort, à la jonction des noues, elles éloignent le ruissellement des eaux et protègent ainsi l'édifice.

Les gargouilles symbolisent des animaux familiers comme les  porcs et les chiens ou sauvages comme les sangliers ou les chimères.


Elles ont un rôle esthétique car elles mettent en évidence la rupture des lignes quand elles sont placées aux angles des
pignons et des porches.

Nous vous proposons, ci-dessous un excellent historique concernant l'origine de la création des gargouilles et leur rôle à la fois utile et décoratif sur les édifices religieux. Ce document vous apportera un autre regard sur le patrimoine architectural du Cap-Sizun.

Un simple clic de souris sur les termes écrits et soulignés en bleu, vous permettra d'accéder un glossaire et à nos pages complémentaires, sur le sujet traité.

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Symbolique Mythique des Gargouilles

 

Dans la religion chrétienne, le « Mal » étant le pire ennemi de la religion catholique, il fallait un moyen d'éloigner celui-ci des Églises, Maisons de Dieu. Les gargouilles ont ce but appréciable de faire fuir tout esprit malin ou être démoniaque, selon l'époque. Les gargouilles étaient donc les gardiens du « Bien », et par extension des Églises. Leur aspect terrifiant n'était visible en fait que pour rappeler à l'hérétique, au non-chrétien, aux ennemis de Dieu dans leur ensemble que la protection divine était déjà sur le bâtiment.

 

La légende raconte que les gargouilles hurlaient à l'approche du « Mal », qu'il soit visible (sorciers, magiciens, démons incarné) ou invisible. Le vent sifflant dans les arches des Églises ?

 

Historique

 

En architecture, les gargouilles (originellement, la gorge ou l'oesophage, du latin, gurgulio, gulia et autres mots similaires dérivant de la racine gar-, par allusion au glouglou de l'eau) sont des ouvrages sculptés d'évacuation des eaux de pluie des toitures, propres à l'art roman puis surtout gothique. Elles sont généralement des figures grotesques.

 

Le terme de gargouille s'applique plus particulièrement au travail médiéval mais à travers les âges, différents moyens pour évacuer l'eau des gouttières ont été adoptés. En Egypte par exemple, l'on retrouve des gargouilles pour éjecter l'eau utilisée dans le nettoyage des embarcations sacrées, ce qui apparemment était fait sur le toit plat des temples. Dans les temples grecs, l'eau du toit passait dans la bouche de lions dont les têtes étaient sculptées et modelées dans le marbre ou la céramique de la corniche. À Pompéi , de nombreuses gargouilles en céramique ont été retrouvées sous la forme de différents animaux.

Ce n'est guère que vers le commencement du XIIIème siècle que l'on plaça des chéneaux et, par suite, des gargouilles (ou gargolles, guivres, canons, lanceurs) à la chute des combles. Jusqu'alors, dans les premiers siècles du Moyen Age, l'eau des toits ou des terrasses s'égouttait directement sur la voie publique au moyen de la saillie donnée aux corniches. À la cathédrale Notre-Dame de Paris, du temps de Maurice de Sully, c'est-à-dire lors de l'achèvement du chœur en 1190, il n'y avait point de chéneaux et de gargouilles ; plus tard, dans le même édifice, vers 1210 encore, les eaux des chéneaux s'écoulaient sur la saillie des larmiers, au moyen de rigoles ménagées de distance en distance. Nous voyons apparaître les gargouilles, vers 1220, sur certaines parties de la cathédrale de Laon. Ces gargouilles sont larges, peu nombreuses, composées de deux assises, l'une formant rigole, l'autre recouvrement (cf. figure 1).

 

Déjà, cependant, ces gargouilles affectent la forme d'animaux fantastiques, lourdement taillés, comme pour laisser voir leur structure. Bientôt, les architectes du XIIIème siècle reconnurent qu'il y avait un avantage considérable à diviser les chutes d'eau. Cela, en effet, évitait les longues pentes dans les chéneaux et réduisait chacune des chutes à un très mince filet d'eau ne pouvant nuire aux constructions inférieures. Ils multiplièrent donc les gargouilles ; en les multipliant, elles purent être taillées plus fines, plus sveltes, et les sculpteurs s'emparèrent de ces pierres saillantes pour en faire un motif de décoration des édifices. La variété des formes données aux gargouilles est prodigieuse ; nous n'en connaissons pas deux pareilles en France, et nos monuments du Moyen-Âge en sont couverts. Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d'œuvre de sculpture ; c'est tout un monde d'animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains habiles et sûres. Ces êtres s'attachent adroitement aux larmiers, se soudent à l'architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contreforts, faisant valoir les lignes verticales. On peut juger de l'habileté des architectes et des sculpteurs dans la combinaison et l'exécution de ces lanceurs par la difficulté qu'on éprouve à les combiner et les faire exécuter.

Certains calcaires du bassin de la Seine, comme le liais-cliquard, se prêtaient merveilleusement à la sculpture de ces longs morceaux de pierre en saillie sur les constructions. Il fallait, en effet, une matière assez ferme, assez tenace pour résister, dans ces conditions, à toutes les causes de destruction qui hâtaient leur ruine. Aussi est-ce à Paris, ou dans les contrées où l'on trouve des liais, comme à Tonnerre par exemple, que l'on peut encore recueillir les plus beaux exemples de gargouilles. D'ailleurs l'école de sculpture de Paris, au , a sur celles des provinces voisines une supériorité incontestable, surtout en ce qui touche à la statuaire.

 

Les gargouilles sont employées systématiquement à Paris vers 1240 ; c'est à Notre-Dame que nous voyons apparaître, sur les corniches supérieures refaites vers 1225, des gargouilles, courtes encore, robustes, mais taillées déjà par des mains habiles (cf. figure 2).

 

Celles qui sont placées à l'extrémité des caniveaux des arcs-boutants de la nef, et qui sont à peu près de la même époque, sont déjà plus longues, plus sveltes, et soulagées par des corbeaux qui ont permis de leur donner une très grande saillie en avant du nu des contreforts. (cf. figure 3)

 

À la Sainte-Chapelle du Palais à Paris, les gargouilles sont plus élancées, plus développées : ce ne sont plus seulement des bustes d'animaux, mais des animaux entiers attachés par leurs pattes aux larmiers supérieurs ; leurs têtes se détournent pour jeter les eaux le plus loin possible des angles des contreforts (cf. figure 4).

 

Quelques-unes de ces gargouilles sont évidemment sculptées par des artistes consommés. Les constructeurs gothiques, lorsqu'ils élevaient les grandes voûtes des nefs, ménageaient provisoirement des cuvettes dans les reins de ces voûtes, avec gargouilles extérieures pour rejeter les eaux pluviales dans les caniveaux des arcs-boutants, jusqu'à l'achèvement des combles définitifs. Ces gargouilles provisoires devenaient définitives elles-mêmes, lorsque les chéneaux supérieurs étaient posés, au moyen d'une conduite presque verticale, descendant du chéneau jusqu'à ces gargouilles.

 

Voici (figure 5) une de ces gargouilles à double fin, provenant des parties supérieures de la nef de la cathédrale d'Amiens.

 

 

 

Les gargouilles sont doublées de chaque côté des contreforts, comme à la Sainte-Chapelle de Paris, comme autour de la salle synodale de Sens, autour des chapelles du chœur de Notre-Dame de Paris ; ou elles traversent l'axe de ces contreforts, comme à Saint-Nazaire de Carcassonne et dans d'autres édifices du XIIème et XIVème siècle, et alors elles portent sur une console (cf. figure 6) ; ou elles sont appuyées sur la tête même de ces contreforts, comme autour des chapelles du chœur de la cathédrale de Clermont (cf. figure 7) (fin du XIIIème siècle).

 C'est vers ce temps que la composition des gargouilles devient plus compliquée, que les figures humaines remplacent souvent celles des animaux, ainsi qu'on le voit dans ce dernier exemple qui nous montre un démon ailé paraissant entraîner une petite figure nue.

 

Il existe autour des monuments de cette époque bon nombre de gargouilles qui sont de véritables morceaux de statuaire. L'église Saint-Urbain de Troyes porte, au sommet des contreforts de l'abside, des gargouilles fort remarquables : (figure 8).

 

Pendant le XIVème siècle, les gargouilles sont généralement longues, déjà grêles et chargées de détails ; au XVème siècle, elles s'amaigrissent encore et prennent un caractère d'étrange férocité. Bien que les détails en soient fins et souvent trop nombreux, cependant leur masse conserve une allure franche, d'une silhouette énergique ; les pattes, les ailes des animaux sont bien attachées, les têtes étudiées avec soin (cf. figures 9 et 9 bis).

       

Ces parties importantes de la sculpture du Moyen-Âge ont toujours été traitées par des mains exercées ; elles conservent très tard leur caractère original, et encore, aux premiers temps de la Renaissance, on voit, sur les édifices, des gargouilles qui conservent le style du XVème siècle. Ce n'est que pendant la seconde moitié du XVIème siècle que les sculpteurs repoussent absolument les anciennes formes données aux lanceurs, pour adopter des figures de chimères, rappelant certaines figures antiques, ou des consoles, ou de simples tuyaux de pierre en forme de canons.

Pendant le , on n'a pas toujours sculpté les gargouilles ; quelquefois, dans les endroits qui n'étaient pas exposés à la vue, les gargouilles sont seulement épannelées. Il en existe un grand nombre de cette sorte qui affectent une forme très simple (cf. figure 10, reproduction d'une gargouille de Notre-Dame de Paris).

Les gargouilles sont fréquentes dans l'Île-de-France, en Champagne et sur les bords de la basse Loire ; elles sont rares en Bourgogne, dans le centre et le midi de la France ; ou si l'on en trouve dans les monuments d'outre-Loire, c'est qu'elles tiennent à des édifices élevés aux XIIIème, XIVème et XVème siècles, par des architectes du Nord, comme la cathédrale de Clermont, celle de Limoges, celle de Carcassonne, celle de Narbonne. Là où les matériaux durs sont peu communs, comme en Normandie, par exemple, les gargouilles sont courtes, rarement sculptées, ou manquent absolument, les eaux s'égouttant des toits sans chéneaux.

 

Les chéneaux en plomb posés sur les édifices civils ou religieux, portaient aussi leurs gargouilles de métal. Nous en possédons fort peu aujourd'hui de ce genre d'une époque antérieure au XVIème siècle. En voici une (figure 11) qui se voit à l'angle d'une maison de Vitré ; elle date du XVème siècle, et est faite en plomb repoussé.

Nous ne connaissons pas de gargouilles du  en terre cuite. Dans les édifices en brique, les gargouilles sont en pierre, ainsi qu'on peut le voir aux Jacobins de Toulouse, au collège Saint-Rémond, et dans beaucoup d'autres édifices anciens de la même ville.

 

Source : Viollet le Duc. Gravures extraites du Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVe siècle (1854 à 1868) d'Eugène Viollet-le-Duc.

 

 

 

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Dernière modification : 20 March 2008