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Claude-Hyacinthe Le Blouc'h est né
à Cleden-Cap-Sizun, en 1700. Son itinéraire de vie est exceptionnel. Ce marin
embarqua comme pilote sur le vaisseau "Ardent". Il s'établit à Saint Domingue et
y devint planteur. Profitant d'une main d'oeuvre gratuite et abondante,
alimentée par l'esclavage, il y amassa une fortune importante. Sa plantation se
situait à Saint-Pierre-des-Anses, au sud de Port-au-Prince. Il mourut en 1753,
sans descendant et légua tous ses biens à sa belle famille, à charge pour elle
de respecter les termes de son testament. Pierre Labaye, fils du sieur de
Kerhuel, fut mandaté pour répartir la somme de 60 000 livres. En bénéficiairent
: les capucins, le clergé du Cap-Sizun, les pauvres de la ville d'Audierne.
Claude-Hyacinthe Le Blouc'h évoque dans son testament "ses nègres, négresses,
négrillons, négrites ..." et ses brebis qu'il lègue à sa belle famille. . Il y
demande également que son "nègre Charles" soit affranchi pour bons services
rendus pendant 18 ans.
Pour en savoir
plus :
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Mémoire
de Daniel Bernard Bulletin de la Société archéologique du Finistère (1952)
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Le livre
d'Annick Le Douget, préfacé par Kofi Yamgnane, ancien ministre, député du
Finistère et vice-président du Conseil Général du Finistère
Editeur : Le douguet annick ISBN : 2951289219 - EAN13 : 9782951289215
Extrait du journal
© le point 21/10/04 - N°1675 - Page
306 :
Annick Le Douget Le trésor des
archives Les arcanes de la procédure pénale n'ont pas de secret pour
elle. Annick Le Douguet, 50 ans, officie chaque jour au service de
l'exécution des peines du tribunal de Quimper. Cette greffière méticuleuse
est aussi l'auteur de trois livres d'histoire. Avec pour cadre la basse
Bretagne, aux XVIIIe et XIXe siècles, ils traitent tous de sujets aussi
variés que les femmes criminelles, les petites gens des campagnes, les
esclaves ou les capitaines négriers. « Mon lieu de travail est un
tremplin vers ma passion. » C'est en effet dans les archives judiciaires
départementales et nationales qu'Annick puise sa matière première. Elle y
déniche des trésors qu'elle fait partager à ses collègues par des
expositions au sein du tribunal.
Annick Le Douget nous présente des aspects originaux et méconnus de la traite
des Noirs et de l'esclavage : la venue des esclaves en Bretagne occidentale, le
trafic des capitaines négriers et les réactions locales. Pour plus de détails,
cliquez sur le lien suivant :
Juges, esclaves et négriers en
Basse-Bretagne 1750 - 1850 par Annick Le Douguet
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28/04/04 Mémoires de la
Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, tome LXXVII, 1999, p. 363-383
Les femmes en Bretagne au lendemain de l'occupation
allemande : une libération inachevée
par Luc Capdevila Université
de Rennes-2 (CRHISCO/ associé à l'IHTP)
Extraits repris ci-dessous
: Les termes qui concernent Cleden-Cap-Sizun sont inscrits
en bleu par
le webmaster du présent site. Cliquez sur le titre du mémoire de Luc Capdevila
pour en consulter l'intégralité....
"Traiter de la Libération du point de vue des femmes conduit à mettre en
évidence deux événements emblématiques de cette période caractérisée par les
réformes et l'épuration : l'ordonnance du 21 avril 1944 qui institue l'égalité
politique, désormais les femmes votent et peuvent être élues dans les mêmes
conditions que les hommes ; l'épisode dramatique des femmes tondues
caractéristique d'une violence qui établissait une différence entre les sexes.
Aussi, il nous semble qu'une analyse sur les femmes à la Libération ne peut
faire l'économie de mettre en relation ces deux réalités : la Libération est le
moment au cours duquel les femmes sont entrées sur la scène politique par la
grande porte, à l'instant où la société toute entière réprimait de manière
consensuelle avec brutalité et massivement un certain type de femmes. Ainsi, à
travers l'étude de ces deux réalités, on espère saisir le contexte culturel dans
lequel les femmes ordinaires ont accédé à la citoyenneté et ont pu exercer leurs
nouveaux droits politiques.
La place des femmes dans le processus de Libération en Bretagne
La citoyenneté n'est pas qu'affaire de droit, être citoyen induit
des pratiques et une identité spécifiques pour celui ou celle qui se considère
comme tel. Lors des moment de forte mobilisation (la révolution française, les
journées de 1830 et de 1848, la Commune ou la Première Guerre mondiale) des
femmes ont montré que, bien qu'exclues des affaires publiques, elles étaient
partie prenante dans la cité et souhaitaient investir la sphère politique au
même titre que les hommes ; cependant, le plus souvent, la mobilisation féminine
s'est heurtée à l'impossibilité d'accéder à la violence armée légitime, soit
parce qu'elles ne franchissaient pas le pas, soit parce que la société masculine
refusait la militarisation des femmes, soit parce que les systèmes de
représentations du moment ne permettaient pas de bien entendre ces violences
féminines et surtout d'en conserver la mémoire[1].
La Résistance et la différence des sexes
Evaluer la proportion et le rôle occupés par les femmes dans la
Résistance n'est pas facile. La mobilisation clandestine, pour des raisons
évidentes, n'a laissé que peu de traces. De ce fait, les travaux statistiques
sur les populations résistantes reposent sur des sources postérieures au conflit
: postulants à la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR),
médaillés (ordre de la Légion d'honneur, ordre de la Libération, médaille de la
Résistance) ; par conséquent, il s'agit des individus reconnus officiellement
comme résistants par l'institution a posteriori, les commissions étant presque
exclusivement composées d'hommes. Plus encore, les CVR comme les médaillés étant
à la recherche d'une reconnaissance sociale ils ont accompli les démarches
nécessaires à la satisfaction d'une revendication, or, dans les enquêtes orales
souvent les femmes ne se définissent pas comme résistantes[2],
considérant que leur attitude allait de soi[3].
Ainsi, les données chiffrées sur la sociologie résistante sous-estiment
vraisemblablement la part de la population féminine. Cela étant, à partir des
cartes CVR les femmes représenteraient 13% des résistants en Ille-et-Vilaine[4],
moins de 15 % à l'échelle nationale[5]
; selon les différents modes d'évaluation, les enquêtes en viennent à évaluer la
part des femmes dans la Résistance dans une fourchette comprise entre 10 et 20 %
du total, selon les réseaux, les mouvements, les lieux d'investigation[6].
Cette mobilisation des femmes, dans un contexte extrême qui conduisait à
multiplier les transgressions, est donc importante au vu de la place que la
société leur réservait jusqu'alors dans la vie politique et plus
particulièrement dans la défense nationale. Cela tient en grande partie à la
constitution de la Résistance et aux modes de recrutement dans la clandestinité.
Les premiers temps de l'Occupation furent marqués par le repli sur soi, la
Résistance était alors le fait d'une toute petite minorité. Pour le plus grand
nombre, hommes et femmes confondus, on basculait dans la clandestinité après
avoir été sollicité[7],
on commençait alors par résister au sein même du foyer[8].
Cette première phase de la Résistance civile tend à réduire la différence
sociale entre les hommes et les femmes en raison de la rareté des effectifs
mobilisables et dans la mesure où entrer en résistance induisait une
transgression sociale qui ne tenait pas nécessairement compte du sexe, les
tâches à accomplir pouvaient être assumées indifféremment au masculin et au
féminin : ravitailler, transmettre, convoyer, héberger, informer etc. Au
demeurant, un grand nombre de résistantes étaient cantonnées dans des fonctions
conformes à leur rôle conventionnel : services sociaux des mouvements,
maternage, etc.
[9]
A l'occasion du passage à la lutte armée la dichotomie sociale entre les hommes
et les femmes redevient une contrainte culturelle majeure, la sphère guerrière
et la manipulation des armes étant perçues comme un lieu propre au masculin, par
les hommes comme par les femmes. Certes, des cas de femmes partisanes ont été
isolés[10].
Quelques-unes se sont vues interdire l'accès à la lutte armée[11].
Elles demeurent une infime minorité. A l'échelle de la Bretagne, sans disposer
de statistiques précises, on repère seulement quelques individus femmes dans la
masse des 35 000 hommes plus ou moins convenablement armés à la Libération. Les
quelques cas rencontrés avec certitudes signalent des femmes impliquées de
manière singulière dans des groupes de résistance armée. A Moëlan-sur-mer, le
chef du groupe FFI pendant l'été 1944 était une institutrice, en fait elle
remplaçait son mari, lui même instituteur, détenu par les Allemands à Groix
depuis le mois de juillet ; il reprit la place dès sa libération[12].
A Saint-Quay-Portrieux, l'un des groupes FFI perquisitionnait à la Libération
commandé par une femme dénommée Françoise, la situation est suffisamment
inhabituelle pour que la présence de cette jeune fille soit systématiquement
rappelée[13].
Les différents témoignages la présentent comme la meneuse responsable d'une
certaine radicalisation du groupe FFI et de comportements "scandaleux", "la
population commence à dire qu'on se croit revenu au régime allemand"[14]
; or, à la lecture des déclarations des uns et des autres vraisemblablement son
unité intervenait sans armes et sans brutalité, dans le contexte du moment
c'était pour le moins singulier
[15].
Certes, des photographies montrant des partisanes en armes existent[16],
elles doivent être interprétées avec une prudence infinie car elles participent
d'une théâtralisation de la Libération a posteriori. Une autre illustration
témoigne de cette impossibilité des femmes à répondre à l'appel aux armes, elle
consiste dans leur absence quasi totale parmi les auteurs des violences de
l'épuration : aucune femme n'a été signalée parmi les auteurs de ces brutalités
: exécutions sommaires, tontes, attentats à l'explosif ou mitraillage[17].
Même si les femmes ne sont pas absentes des processus décisionnels en matière de
répression violente des "collaborateurs" et notamment lors des tontes, on lit
ici une manifestation de leur difficulté à féminiser les violences citoyennes en
Bretagne à cette époque. De ce fait, la phase insurrectionnelle correspondant à
un rétrécissement de l'entrée des femmes sur l'espace public, leur présence dans
les instances politiques locales demeure marginale à la Libération.
Une entrée timide sur l'espace public
Les pouvoirs issus de la Résistance et de la Libération ne
favorisèrent pas l'accès des femmes aux responsabilités politiques. A partir du
départ des troupes d'occupation et jusqu'à la fin 1944 des comités locaux de
Libération (CLL) furent réunis dans la majorité des communes (sauf peut-être en
Ille-et-Vilaine où ils devaient être moins nombreux). Ils provenaient
théoriquement de la Résistance, plus généralement ils étaient composés de
patriotes sympathisants des différents mouvements et organisations rattachés de
près ou de loin aux acteurs de la Libération. Leur fonction principale consista
à servir de relais au comité départemental de Libération (CDL)[18]
en organisant dans la commune l'épuration et en aidant à la réorganisation des
conseils municipaux ; parfois ils se substituèrent à la municipalité issue de
l'Occupation.
La population des CLL peut être étudiée avec une relative précision pour le
Finistère[19].
Sur 1380 membres des CLL identifiés seules 70 femmes ont été recensées, elles
représentent ainsi 5% de cet échantillon. Certes, six d'entre elles présidaient
un comité[20]
(soit 3% des 179 CLL répertoriés), on dénombre également trois vice-présidentes[21].
Les contextes locaux offrent évidemment une grande variété de situations. Le CLL
de Riec-sur-Belon comptait trois femmes sur treize membres (23%) dont l'une
occupait la présidence tandis qu'une autre tenait la trésorerie.
Le CLL de Cléden-cap-Sizun s'est singularisé en
réunissant cinq femmes à côté de douze hommes, l'une détenait la
vice-présidence, une seconde était trésorière.
Ce sont là des cas d'exception. Sur 138 comités
dont la composition est connue, seuls 40 respectaient une mixité minimale par la
présence d'au moins une femme ; par conséquent 98, soit la très grande majorité
(71%), s'accordaient exclusivement au masculin.
Le politique au féminin était vraisemblablement encore plus minoritaire dans les
Côtes-du-Nord. Dans ce département il est possible de mesurer de manière assez
fine le remaniement des assemblées municipales à la Libération[22].
Une fois l'installation des conseils municipaux achevée, fin 1944, on dénombre
seulement 68 conseillères siégeant à côté des 4965 conseillers, elles formaient
donc 1.3% du total des équipes municipales chargées de la gestion des affaires
locales après le départ des Allemands. Les villes furent moins fermées aux
femmes par rapport aux campagnes : 31 des 65 communes (48%) supérieures à 2000
habitants accueillirent au moins une conseillère municipale contre 87 % des
localités de moins de 2000 habitants dont l'équipe municipale était
exclusivement masculine. Plus encore, un certain nombre de communes mirent les
circonstances à profit pour masculiniser leur conseil municipal. Depuis le
régime de Vichy, au vu de la loi du 16 novembre 1940, des femmes siégeaient dans
les assemblées locales. Parmi les 68 conseillères recensées à la Libération dans
ce département, quelques-unes occupaient la place depuis l'Occupation[23].
De ce fait des assemblées se sont masculinisées, l'équipe issue de l'Occupation
ayant été dissoute et remplacée par une délégation spéciale intégralement
masculine. Cette situation a été vérifiée pour une quinzaine de conseils
municipaux[24]
; c'est un minimum....." |